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Histoires de Lyon

Joseph-Marie Jacquard et Philippe de Lasalle

Joseph-Marie Jacquard

Mécanicien français, né à Lyon et mort à Oullins (Rhône). À la fin du xviiie siècle, le tissage des étoffes brochées s'effectuait encore à la main. Les fils de chaîne, entre lesquels on passait les fils de trame polychromes du dessin, étaient soulevés par des « tireurs de lacs ». Tisserand comme son père, Joseph-Marie Jacquard recherche dès 1790 un mécanisme susceptible de lever automatiquement les fils. Il construit une première machine (brevet de 1801) perfectionnée et achevée en 1806.

Enfermé dans un coffre à la partie supérieure du métier, le dispositif de Jacquard comporte quatre éléments principaux. Une traverse retient suspendus des crochets amovibles. Sous la traverse, des aiguilles horizontales, tordues sur elles-mêmes, forment chacune une boucle : les tiges des crochets, avant d'être reliées aux fils de chaîne, passent dans ces boucles. Appuyées sur la gauche comme un ressort, les aiguilles sont poussées vers la droite devant un carré mobile autour d'un axe dont les côtés portent des trous. Enfin, une suite de cartes perforées attachées les unes aux autres est soutenue et entraînée par le carré : ces perforations déterminent l'exécution du dessin.

Le système fonctionne de la manière suivante. Mis en rotation, le carré présente une face recouverte d'un carton. Quand les trous coïncident de part et d'autre, les aiguilles s'enfoncent. Au contraire, les pleins de la carte repoussent les aiguilles, et ce recul provoque la chute des crochets correspondants, pris dans les boucles. Dès lors, on peut lever la traverse ne retenant plus que certains crochets, ceux-là mêmes qui vont soulever les fils de chaîne. Les perforations de la carte commandent ainsi l'enfoncement des aiguilles, la sélection et la levée automatique de ces fils, entre lesquels doit passer la navette. Le tisserand dispose d'un carton par duite et manœuvre sa traverse du pied. Un métier de Jacquard supprimait cinq « tireurs de lacs », ce qui explique la violence des réactions ouvrières qui suivirent la mise en œuvre du procédé.

Philippe de Lasalle

Né à Seyssel en Bugey, dans l'Ain, Philippe de Lasalle entra en apprentissage chez le peintre Sarrabat, dont on sait qu'il fut cité, en 1751, parmi les peintres lyonnais capables de former les dessinateurs en soieries. Il convient à ce propos de rappeler le rôle important que jouèrent ces derniers au xviiie siècle et qu'évoque d'ailleurs Joubert de l'Hiberderie dans son ouvrage Le Dessinateur pour les fabriques d'étoffes d'or, d'argent et de soie, paru à Paris en 1765.

Après un apprentissage de quelques années chez Sarrabat, Lasalle partit se perfectionner à Paris, tout d'abord chez deux peintres de l'Académie, Boucher et Bachelier, peintre de fleurs, puis à la Manufacture des Gobelins et à la Savonnerie. De retour, il s'associa au dessinateur-fabricant Charrye, dont il épousa la fille Élisabeth en 1748. Ce lui fut sans doute l'occasion d'accroître encore ses connaissances techniques, dont on sait combien elles étaient nécessaires aux dessinateurs de soieries. Lasalle les possédait mieux que tout autre, allant jusqu'à apporter certains perfectionnements ingénieux au métier à tisser. Aussi retrouve-t-on dans les étoffes exécutées d'après ses dessins les moindres nuances de ses esquisses originales.

Ses compositions, toujours à grande échelle et, le plus souvent, destinées à des tissus d'ameublement, sont presque toujours exécutées suivant la technique du lampas ou du lampas broché sur fond satin ou armuré. Pour donner l'impression de richesse qui émane de ses tentures, tant par le décor que par le matériau ou les couleurs, Lasalle n'eut, en effet, jamais besoin de recourir au velours ou à l'emploi des fils de métal. En revanche, il utilisait beaucoup la chenille de soie, fil spécial qui donnait un velouté caractéristique à ses dessins dont les très grands motifs se déployaient largement sur l'étoffe, évitant ainsi la monotonie des motifs indéfiniment répétés. Peintre remarquable, il choisit essentiellement les fleurs et les animaux (des oiseaux pour la plupart), traités « au naturel », pour thèmes de ses compositions. Des bouquets contre-semplés sont liés par des lignes sinueuses, faites de guirlandes, de branchages, parfois d'une large broderie ou encore de rubans. Les coloris sont éclatants, et quelques taches sombres, obtenues par des trames foncées, viennent çà et là accentuer le relief.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, des commandes officielles pour la plupart, il convient de citer la tenture réalisée pour le château de Stanislas Leszczyński à Nancy, la tenture à la perdrix, la tenture des quatre saisons, la tenture au vase fleuri, etc. Très vite, la renommée de Philippe de Lasalle devait s'étendre à l'Europe entière. Il travailla pour l'Autriche, l'Espagne, la Russie, et Catherine II lui passa notamment des ordres importants (tenture au faisan, tenture aux colombes, tentures commémoratives comme celles de la bataille de Tchesmé ou de la conquête de la Crimée). Associé au célèbre Pernon, fournisseur de la Couronne, Lasalle livra aussi de merveilleuses étoffes pour Versailles, telle la tenture destinée à la chambre de Marie-Antoinette, et qui ne devait être utilisée qu'en 1806 dans la chambre des Reines à Fontainebleau.

Lasalle excellait aussi dans le portrait tissé, genre qui semble être né d'initiatives prises par la Manufacture des Gobelins. C'est d'ailleurs sans doute à la Savonnerie qu'il emprunta le procédé du camaïeu pour faire — à la manière des camées, dont la vogue était alors très grande — les portraits de Catherine de Russie, de Louis XV, du comte et de la comtesse de Provence.

En 1775, Turgot fit octroyer à Lasalle, devenu très célèbre, le cordon de l'ordre de Saint-Michel et une pension de 6 000 livres. Louis XVI lui conféra des lettres de noblesse, et, en 1780, un acte du Consulat lui accorda le titre de bourgeois de Lyon en même temps qu'il le qualifiait d'écuyer-chevalier de l'ordre du Roy. Quelques années plus tard, la Révolution, le surprenant en pleine gloire, devait entraîner la ruine de l'artiste. Ses métiers furent achetés par la Ville, placés au Conservatoire des arts, dont Napoléon devait le nommer président, mais sa mort, survenue alors qu'il était dans le plus grand dénuement, l'empêcha de jouer son nouveau rôle.

Les œuvres de Philippe de Lasalle se caractérisent par leur simplicité et leur élégance. Tout en elles traduit le raffinement du xviiie siècle, la sensibilité et la personnalité de cet artiste qui utilisa cependant, mais toujours avec modération, les différents apports dont il s'était nourri. Il fut sans conteste le plus grand dessinateur que Lyon ait jamais connu. Son activité débuta à une époque de transition et il sut mieux qu'un autre passer du style Louis XV de ses premières compositions au style Louis XVI, qu'il traita avec une originalité remarquable. Loin d'être mièvres, ses compositions ont une grâce et une ampleur toutes particulières qui permettent de les distinguer aisément des œuvres de ses contemporains.

Source : Encyclopaedia Universalis


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